L’histoire d’Allegria

Depuis ses 25 ans, Agnès rêve d’un lieu qui allierait musique, danse et spiritualité, ses domaines de prédilections et dans lesquels elle enseigne. 30 ans plus tard, la vie lui permet de réaliser ce rêve.


« Un ami dans l’immobilier avec qui j’avais parlé de ce rêve m’a montré cette grande salle au cœur de Toulouse. J’étais à cette époque avec un homme qui croyait au projet et qui était prêt a m’aider et à y participer.

On y a cru, et c’était parti pour la grande aventure !

Entre différents travaux en vue de vendre un appartement à Toulouse et ma maison à Puylaurens – pour financer les travaux et l’achat de ce lieu – l’idée et la vision des possibles prenaient forme dans mon esprit.
Après moultes recherches, nous avons trouvé un nom qui représente parfaitement l’esprit qui m’habite :
Allegria: la joie en espagnol et italien, françisé avec deux « L » comme l’allégresse, ou comme deux ailes pour voler, pareil à l’oiseau qui représente le lieu.
Chacune des salles est ainsi baptisée « Joie » dans différentes langues : « Ayo » en Nigérien, « Ilo » en Finnois, « Alieza » en Hébreu, « Kushi » en Quechua, « Farah » et Arabe, « Ânanda » en Indien.

A ce moment là, ma fille Tatiana s’est proposée de prendre en charge les aspects administratifs, gestion et communication. »


« Grâce à mon expérience à « La Mie Câline » de Jeanne d’Arc, j’ai pu discerner les différentes problématiques de la tenue d’une entreprise. J’ai toujours aimé jouer aux jeux vidéos de gestion, et même si c’était dans un cadre récréatif, cela m’a initié à la gestion et l’organisation.

Je voulais suivre une formation de comptabilité afin de pouvoir travailler où je voulais – il y a besoin de comptable tout autour du monde – mais en voyant le projet Allegria naître et se concrétiser, c’était naturel pour moi de le rejoindre. Je connais ma mère et je sais que l’administration, c’est pas son truc, alors je l’ai accompagnée et nous avons commencé les démarches administratives en juin 2015. »


« Nous hésitions entre former une association ou une entreprise,
​étant plus proches de l’esprit associatif que de celui d’une entreprise traditionnelle, mais nous avons finalement choisi de former une entreprise. Pour faire évoluer un milieu, il faut en faire partie, et nous nous plaçons dans une nouvelle version de l’entreprise, dont le but n’est pas de «faire de l’argent» mais de pouvoir vivre d’une activité enrichissante, pour soi et pour les autres.

Quand toutes les démarches ont été amorcées, mon compagnon s’est désisté, malgré son rôle clé dans la mise en place du projet et l’acquisition du lieu
Nous étions complètement désemparées.
​C’est alors que mon père, apprenant la nouvelle, m’a proposé le prêt de l’argent nécessaire pour la finalisation de l’achat et pour les travaux, en attendant la vente de ma maison (très belle maison restaurée dans le coeur d’un village cathare: Puylaurens).

Sans mon père, rien de tout cela n’aurait été possible, et nous lui en sommes infiniment reconnaissantes, au delà des mots. »


En juillet, les travaux commencent !

Avec l’aide d’une équipe de 3 artisans et 2 amis, nous nous lançons dans un gigantesque chantier.
Les locaux étaient à l’origine une menuiserie, qui a été rachetée pour en faire la salle de musculation: « Gym Phys », très populaire dans le quartier. Le propriétaire vendait ses locaux après 20 ans d’activités sportives, et nous sommes arrivées pile au bon moment !
Ces locaux étaient composés de 2 grandes salle de sport avec machines, des vestiaires et un accueil. Le projet était de transformer ce lieu très Yang en quelque chose de beaucoup plus Yin, propice à la spiritualité et la pratique artistique.

Nous avions commencé à la base par construire un des deux studios dédiés aux cours de musiques, au rez-de-chaussée.
Cependant, la dynamique du lieu étant plutôt portée sur les concerts au début, nous nous sommes consacrés à l’isolation phonique de la salle Ayo (1er étage). Pendant 2 mois, nous avons isolé les murs, collé des dalles de liège au plafond (un travail héroïque), couvert la charpente en fer avec de la paille et du plâtre ficellés (d’où l’odeur d’étable qui a duré une petite année).

Ensuite, nous avons installé des portes pour les deux grandes salles, construit un sas d’entrée, de grandes toilettes adaptées aux personnes handicapées, et un bar accueillant et convivial afin d’y préparer du thé et du café en libre service pour tous.


Limitées par notre budget, nous devions faire un choix
entre l’isolation de la gande salle ou la création de studios de musique. Alors, parallèlement aux travaux, nous travaillons sur une campagne de financement participatif Ulule pour financer les studios de musique.

Victoria et Nola ont mis en forme les idées et le projet par écrit, Léon a créé une animation explicative, et la page « Projet Allegria » fut publiée en septembre ! C’est grâce à celle-ci que nous avons communiqué largement sur la création du lieu et rassemblé une petite communauté autour de celui-ci.
Le financement de la campagne Ulule n’a pas abouti, mais nous avons atteint un certain palier qui nous a donné du courage et nous a confirmé que nous étions dans la bonne direction.


A partir d’octobre, malgré l’absence des artisans, nous avons pu continuer les aménagements grâce à l’aide de nombreux amis de Tatiana et sa sœur Victoria, enthousiasmés par le projet, et heureux de participer à sa création. Nous étions à présent dans la dernière ligne droite avant l’ouverture.

Ceux qui nous connaissent depuis ont pu suivre l’évolution de l’Espace Allegria :
le bar qui s’est peaufiné dans l’accueil, les vestiaires qui ont été aménagés – ambiance sauna/hammam – en décembre, ainsi que toutes les petites et grandes choses inhérentes à l’aménagement d’un tel lieu.
Agnès continue encore aujourd’hui les travaux seule, avec courage et persévérance, malgré un burn-out en mars dont elle se remet petit à petit. Dernièrement, elle a fini l’aménagement de la salle Alieza en juin.

Nous avons encore de grands projets : des velux, un beau plancher de danse, et un piano à queue dans la salle Ayo, des fenêtres dans la salle Ilo, et toujours, les studios de musique !


Le lieu a donc ouvert ses portes le 1er novembre 2015.
​Malgré le crépi frais et les aménagements toujours en cours, les personnes présentes se sentaient déjà à l’aise et comme chez eux.
Nous avions accueilli Elan et Les Harpenteurs pour la journée portes ouvertes du 11 octobre, cette fois ci ce sont Halazoun, Les Fanflures et The Rump Shakers qui font vibrer la salle Ayo…

Et c’est parti, l’Espace Allegria est ouvert !

Le premier cours qui se déroule dans le lieu, dès la première semaine d’ouverture, est le cours de Capoeira de l’association Capoeiragem, puis le cours de Qi Gong de l’association Fleur’essence s’ajoute en décembre.
En janvier, nous organisons un week-end découverte: c’est un vrai succès pour commencer l’année 2016 dans la joie et l’inspiration !
Désormais, nous accueillons de multiples cours hebdomadaires : Bal Populaire, Tango Queer, Yoga… Les activités suivent leur cours, et les semaines et week-ends se remplissent petit à petit.

La rentrée de septembre 2016 marque l’aboutissement de tous ces efforts, de toute cette mobilisation humaine, énergétique et financière : c’est l’année où, après avoir semé des graines et planté ses racines pendant un an, l’Espace Allegria peut enfin fleurir et s’épanouir.


Les activités des week ends ont commencé principalement par les concert de rock et de musique actuelle.
Les associations étaient ravies de trouver un lieu accueillant des concerts en centre ville, et où il était possible d’organiser des évènements à leur façon. Cette dynamique nous a permis de nous faire connaître par la jeunesse et le milieu musical Toulousain, et de faire vivre des évènements uniques, notamment grâce aux associations « The Psychedelic Revolution » et « La Théorie des Branches ».
Le festival « Latino Graff » de l’association « Guayabo Colectivo », nous a permis d’être en contact avec Ledania et Skore 999, des artistes Colombiens qui ont réalisé la magnifique façade d’Allegria.

L’année 2015/2016 était aussi l’année de fermeture de la Dynamo, et de la rarification des lieux où la musique live pouvait vivre. Nous sommes fières d’avoir pu participer, à notre échelle, à la préservation de la vie culturelle Toulousaine durant cette année.


Depuis la création du lieu, l’énergie que nous avons insufflée, avec joie et dans un esprit de partage, a toujours attiré des personnes avec cette même philosophie.

L’intention de base de l’Espace Allegria est de proposer un lieu
où les initiatives, les projets et les rêves peuvent se concrétiser.
Par une facilité de contact, des tarifs raisonnables et une ambiance chaleureuse,
nous avons rendu cela possible à ceux qui sont dans un chemin
vers eux-mêmes et vers les autres, dans la curiosité et l’éveil.

Nous sommes aujourd’hui comblées par l’évolution de l’Espace Allegria,
qui se rapproche de plus en plus des rêves qui nous animaient à la création du projet.
Nous n’oublierons jamais toutes les personnes qui ont apporté leur pierre à cet espace de vie et de rencontres, toutes ces personnes qui sont arrivées au bon moment, qui nous ont apporté l’élan nécessaire pour garder courage.
​Nous vous remercions infiniment, et nous souhaitons que l’expérience que vous avez vécu à l’Espace Allegria vous ait apporté autant que ce que vous nous avez donné.

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