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L’histoire de l’Espace Allegria

Depuis sa jeunesse, Agnès rêve d’un lieu convivial qui allierait musique, danse et spiritualité, ses domaines de prédilections et dans lesquels elle enseigne. 30 ans plus tard, la vie lui permet de réaliser ce rêve.

AGNÈS :

« Un ami dans l’immobilier avec qui j’avais parlé de ce rêve m’a montré cette grande bâtisse à vendre au cœur de Toulouse. Émerveillée par les possibilités du lieu, je m’apprêtais cependant à tourner les talons car c’était bien au-delà de mes possibilités financières. Or, j’étais à cette époque avec un homme qui s’est proposé de me fournir les fonds qui manquaient (il était riche et amoureux). Direction le notaire, des étoiles plein la tête.

Pendant que j’entreprenais les différents travaux en vue de vendre ma belle maison de Puylaurens, la vision des possibles prenait forme dans mon esprit. Après d’intenses réflexions (alors que c’était si simple !), j’ai trouvé un nom qui représente idéalement l’esprit que je voulais donner à ce lieu : Allegria, la joie en espagnol et italien, francisé avec deux « L » comme l’allégresse ou comme deux ailes pour voler, à l’image de l’oiseau qui a pris place sur le logo.

Chacune des futures salles sera aussi baptisée « Joie » dans différentes langues : Ayo en nigérien pour la grande salle à l’étage, Eden comme Paradis terrestre pour celle du rez-de chaussée, Alieza en hébreu, Kushi en japonais, Farah en arabe et Paum en quechua, pour les studios.

C’est dans cette gestation que ma fille Tatiana s’est proposée pour prendre en charge les aspects administratifs, gestion et communication. »

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Eden travaux

TATIANA :

« Grâce à mon expérience de quelques années dans un commerce, j’ai pu discerner les différentes problématiques de la tenue d’une entreprise. J’ai toujours aimé jouer aux jeux vidéos de gestion, et même si c’était dans un cadre récréatif, cela m’a initiée à la gestion et l’organisation. Je connais ma mère et je sais que l’administration, c’est pas son truc, alors je l’ai accompagnée et nous avons commencé les démarches administratives en juin 2015.

Nous pensions former une association, ​mais nous avons finalement choisi de monter une entreprise de location de salles, pour une question de crédibilité au niveau du banquier. Notre but n’est pas de rentrer en bourse (ça ne risque pas) mais de pouvoir vivre d’une activité enrichissante sur tous les plans, pour soi et pour les autres. »

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PATATRAS !

Quand toutes les démarches ont été amorcées, l’amoureux s’est désisté, manipulé par ses filles qui me prenaient pour une croqueuse de diamants… Nous étions complètement désemparées.

​C’est alors que le père d’Agnès, apprenant la nouvelle, lui a proposé le prêt de l’argent nécessaire pour la finalisation de l’achat et pour les travaux, en attendant la vente de sa maison. Sans lui, rien de tout cela n’aurait été possible, et nous lui en sommes infiniment reconnaissantes.

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C’EST PARTI !

En juillet 2015, les travaux commencent ! Avec l’aide d’une équipe de 3 artisans et plusieurs jeunes amis, nous nous lançons dans un gigantesque chantier.

Les locaux étaient à l’origine une menuiserie, qui a été rachetée pour en faire un centre de musculation, aménagé en 2 grandes salles de sport remplies de machines, des vestiaires et un accueil. Le propriétaire se retirait après 20 ans d’activité, et nous sommes arrivées pile au bon moment ! Le projet était de transformer ce lieu très Yang en quelque chose de beaucoup plus Yin, propice au développement personnel et à la pratique artistique.

Nous avons commencé par construire un des deux studios dédiés aux cours de musiques, au rez-de-chaussée. Mais nous avons rapidement laissé tomber et nous nous sommes consacrés à l’isolation phonique et thermique de la salle Ayo au 1er étage, car c’est elle qui urgeait le plus. Pendant 6 semaines, sous la fournaise estivale (on n’a pas pensé qu’il y avait la clim…), nous avons isolé les murs (tant pis pour les 10 m de miroirs sur le mur du fond) et les plafonds (6 m de haut), collé des dalles de liège au plafond (un travail héroïque), couvert la charpente en fer avec de la paille et du plâtre ficelés (d’où l’odeur d’étable qui a duré une petite année)…

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ÉPUISEMENT DES FONDS…

L’argent manquait pour les studios de musique, alors nous avons lancé une campagne de financement participatif. Victoria, la plus jeune fille d’Agnès, et ses amis ont mis en forme les idées et une animation explicative, et la page « Projet Allegria » fut publiée en septembre.

Malheureusement, le financement de la campagne n’a pas abouti, malgré la générosité de nombreuses personnes, mais c’est grâce à cette opération que nous avons pu communiquer largement sur la création du lieu, rassembler une petite communauté autour de celui-ci, et commencer à être connus.

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ON NE PERD PAS COURAGE !

A partir d’octobre, malgré l’absence d’argent et des artisans, Agnès a pu continuer les aménagements avec l’aide de quelques amis de ses filles, enthousiasmés par le projet et heureux de participer à sa création. Nous étions à présent dans la dernière ligne droite avant l’ouverture.

Le lieu s’améliorait jour après jour. Agnès était sur le pont du matin au soir, 7 jours sur 7, louant le ciel d’avoir déjà retapé 3 maisons, ce qui lui avait apporté les compétences nécessaires, mais en s’étant juré à chaque fois qu’on ne l’y prendrait plus… Elle est devenue la reine de la débrouille et de l’huile de coude, faisant des merveilles avec 3 francs 6 sous.

​Malgré le crépi frais et les aménagements toujours en cours, nous avons organisé une journée portes ouvertes le 11 octobre et quelques concerts avec des groupes comme Elan et Les Harpenteurs, Les Fanflures et The Rump Shakers, qui nous connaissaient par le bouche-à-oreille des jeunes qui nous soutenaient.

rideaux cachant
concert ouverture

C’EST L’OUVERTURE !

Le lieu a ouvert ses portes officiellement le 1er novembre 2015. Agnès ayant réussi à rendre le lieu convenable et à cacher les matériaux divers et variés derrière les rideaux,  les personnes présentes se sentaient déjà à l’aise et bien accueillies.

Le premier cours qui se déroule à Allegria, dès la première semaine, est le cours de Capoeira de l’association Capoeiragem, puis le cours de Qi Gong de l’association Fleur’essence s’ajoute en décembre.

En janvier, nous organisons un week-end découverte : c’est un vrai succès pour commencer l’année 2016 dans la joie et l’inspiration ! Ce sera celle de la récolte des premières moissons de tous ces efforts, de toute cette mobilisation humaine, énergétique et financière.

Petit à petit, nous accueillons de plus en plus de cours hebdomadaires : bal populaire, théâtre, yoga, danse… Les activités suivent leur cours, les semaines pour les cours réguliers et les week-ends pour les évènements se remplissent doucement mais sûrement.

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eden ouverture

LES PRÉLUDES  

Les activités des week ends ont commencé principalement par des concerts de rock et autre musique actuelle. Les associations étaient ravies de trouver un lieu accueillant des concerts en centre ville (beaucoup avaient fermé), et où il était possible d’organiser des événements à leur façon. Cette dynamique nous a permis de nous faire connaître par la jeunesse et le milieu musical Toulousain, et de faire vivre des événements uniques, notamment grâce aux associations The Psychedelic Revolution et La Théorie des Branches.

Grâce à ce réseau, le festival « Latino Graff » en juin 2016 nous a permis d’être en contact avec Ledania et Skore, des artistes colombiens qui ont réalisé la magnifique façade d’ Allegria.

Mais cette joyeuse bande de fêtards a dû rebrousser chemin et trouver d’autres endroits pour s’exprimer, car entre la musique jusqu’à pas d’heure, les fûts de bière qui se vident et les fumeurs qui s’entassent dans les vestiaires et débordent dans la rue, les voisins se plaignaient régulièrement pour tapage nocturne. Il est évident que plus d’un ange gardien a étendu ses ailes sur Allegria durant cette période – d’autres lieux ont dû fermer pour moins que ça.

Tout en reconnaissant que c’est grâce à ces concerts qu’ Allegria a pu récolter ses premiers sous et se faire connaître, Agnès se désolait de cette tournure qui ne correspondait pas à son rêve de sérénité, de beauté et d’harmonie.

Elle faisait le dos rond en attendant des jours meilleurs, tout en continuant l’aménagement des locaux avec une constance frisant l’inconscience … jusqu’au burn-out qui l’a terrassée en mars 2016, la clouant au lit pour dormir pendant 3 semaines d’affilée, et dont elle a mis plus d’un an à se remettre.

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LA PREMIÈRE PAGE EST TOURNÉE 

Progressivement la balance s’est inversée d’elle-même : les concerts se sont raréfiés, l’énergie du lieu s’est apaisée, des intervenants dans le domaine du développement personnel et spirituel sont venus de plus en plus nombreux sonner à notre porte.

Un jeune punk qui s’était produit l’année précédente chez nous est venu pour relouer la salle, et avant même qu’Agnès intervienne il a dit  : « je crois que ce n’est plus le bon endroit ». Sensible, ce garçon !

La salle Ayo a pris le pli de prêter ses murs à des artistes peintres et graphistes en accord avec l’esprit d’Allegria. Les expositions seront renouvelées tous les mois lors d’un vernissage festif, offrant à ce bel espace une déco changeante et appréciée.

Les intervenants en yoga, méditation, cercles de femmes et autres cérémonies chamaniques commencèrent à affluer à Allegria. C’est durant cette période que Morgane a rejoint Tatiana pour la seconder devant l’accroissement de travail administratif.

Une jeune femme désireuse d’officier chez nous, en arrêt devant les multiples affiches et flyers des activités en place, a dit, éberluée : « mais où trouvez-vous tous ces animateurs ? », ce à quoi Agnès a répondu : « On ne les trouve pas, ils viennent tout seuls, comme vous ! »

Il semblerait qu’ Allegria vive sa vie de façon autonome, comme si un plan avait été prévu à l’avance, et qu’Agnès n’ait été qu’un simple vecteur facilitateur, grâce à son rêve.

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L’ECOLE DE MUSIQUE 

A Pâques 2017, la grande salle Ayo s’est embellie d’un parquet tout neuf, les scènes ont été construites et le piano à queue d’Agnès entièrement rénové  est enfin arrivé. Comme il ne passait pas par l’escalier, on a dû le passer par le balcon en sciant la rambarde, d’où il a failli se renverser depuis l’élévateur (« il va tomber, il va tomber ! »), ce fut épique !

L’été 2017 a vu la construction des studios isolés phoniquement, et l’école de musique est née dans la foulée. Il était indispensable que les cours de piano ou de percussions côtoient sans gêne aucune les cours de yoga ou de Qi kong – ce qui a été le cas, à notre grand soulagement. Des musiciens professionnels et enthousiastes se sont présentés sans que nous les appelions, comme toujours avec Allegria. Les élèves ont commencé à se présenter et le  premier concert de l’école a eu lieu en décembre.

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AUJOURD’HUI

La porte est enfin grande ouverte pour accueillir toutes ces activités vouées aux énergies nouvelles porteuses d’évolution artistique et personnelle, qui sont maintenant le quotidien d’Allegria. Sa réputation ne cesse de croître. Des participants ont entendu parler de nous à Marseille, à Lille, en Suisse, en Espagne, en Belgique…

Des praticiens dans le soin et le mieux-être utilisent souvent nos studios en cabinet de consultation, quand ils sont libres des élèves de l’école de musique. Nos grandes salles sont prises d’assaut et nous nous désolons de devoir refuser des créneaux…

Par un contact chaleureux, des tarifs raisonnables et une ambiance conviviale, nous avons rendu  possible à ceux qui sont dans un chemin vers eux-mêmes et vers les autres, dans la curiosité et l’éveil, de trouver un lieu qui leur correspond. Et qui correspond au rêve d’Agnès…

Un changement d’équipe a lieu à la rentrée 2018 : Tatiana et Morgane s’en vont vivre leur vie de jeunes femmes, remplacées par la sœur d’Agnès, Edith, qui a déjà tenu de main de maître un centre du genre d’Allegria.

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L’ASSOCIATION

L’association Spirallegria a vu le jour ce printemps 2018, grâce à l’impulsion de Philippe, venu à Allegria pour un cours de danse d’Agnès, jamais reparti et maintenant secrétaire actif et inspiré de l’association. Celle-ci était déjà présente dans l’esprit de nos usagers (entre eux : « c’est une association ici ? », « évidemment ! », « où est-ce qu’on adhère ? »). C’est chose faite.

L’association a pour vocation de rassembler, de créer des liens et de faire des actes concrets comme tenir le bar pour accueillir les visiteurs (le Bar à Thym), organiser des scènes ouvertes aux artistes ou aider à la com des nouveaux intervenants. Et beaucoup d’autres belles choses dont nous n’avons pas encore idée, comme ça s’est passé à Allegria depuis le début…

En outre, quand elle aura suffisamment grandi en nombre d’adhérents, nous espérons obtenir des aides financières. Car le budget est serré et il reste beaucoup à faire pour améliorer le lieu et l’accueil des usagers : des velux dans la grande salle, une enseigne et une fenêtre d’affichage sur la rue, des portes de douche et des double-porte dans les salles qui donnent sur l’accueil…

Une fractale aux couleurs vives
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L’AVENIR

Une nouvelle ère se profile, où Allegria continuera à grandir dans l’épanouissement vers lequel il semble aller vaille que vaille, participant au grand courant de développement personnel et collectif qui est en train de donner une vision plus belle et inspirante à notre société.

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Nous n’oublierons jamais toutes les personnes qui ont apporté leur pierre à cet espace de vie et de rencontres, toutes ces personnes qui sont arrivées au bon moment et qui nous ont apporté l’élan nécessaire pour garder foi  et courage.

Nous vous remercions infiniment, et nous espérons que l’expérience que vous avez vécue à l’Espace Allegria vous ait apporté autant que ce que vous nous avez donné.

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